Interview Biathlon Vincent Porret (coach de tir)

Peux-tu nous parler de ton parcours ?
J’ai été membre de l’équipe de France de Biathlon pendant 5 ans. J’ai participé à quelques épreuves de Coupe du Monde, j’ai été compétiteur en IBU Cup.
J’ai décidé de mettre fin à ma carrière en 2010. A partir de là, je suis devenu entraineur du Comité du Mont-Blanc, puis entraineur de l’équipe de France en IBU Cup, et depuis cette année, j’entraîne l’équipe de France féminine et je m’occupe du tir. tandis que Fred Jean s’occupe da la partie physique.
=>  Lire l’interview de Fred Jean sur ce lien : http://www.altitude-biathlon.com/interview-biathlon-fred-jean/

 

 

Après un entrainement ou une compétition, faut-il remettre les « clics » de la carabine à zéro ?
Non ça n’est pas forcément nécessaire étant donné qu’avant chaque séance d’entrainement, les réglages de la carabine sont de nouveau faits … Chaque athlète tire environ 30 balles pour régler sa carabine.

 

 

La technique du tir debout est-elle de viser la cible après l’expiration, d’inspirer à nouveau, ce qui fait ressortir le viseur de la cible, d’expirer et de lâcher la balle dès que l’on voit du noir ? Qu’en penses-tu ?
Ça peut être une méthode mais le tir debout, c’est de l’instinct. L’idéal est de bloquer sa respiration, de viser et de tirer.

 

 

Un biathlète peut-il changer son schéma de tir ?
Oui, il n’y a pas de règles particulières à ce sujet. On voit des biathlètes commencer par le milieu, d’autres par la droite, d’autres par la gauche…L’objectif est de blanchir les 5 cibles. Chaque athlète fait ensuite comme bon lui semble.

 

 

Qu’est-ce qu’il manque à Justine Braisaz pour être régulière au tir ?
Il lui manque de l’expérience. Le biathlon, ça ne s’apprend pas en quelques mois. Justine est encore jeune même si le public l’attend parce qu’elle a déjà eu des bons résultats. Elle progressera encore.

 

Quelle est la biathlète la plus drôle du groupe ?
Elles sont toutes drôles. Peut-être Enora Latuillière se distingue encore plus des autres (rires).
=> Lire l’interview d’Énora Latuillière sur ce lien : http://www.altitude-biathlon.com/interview-enora-latuilliere-biathlon/


Quelles est la plus bosseuse ?
Elles sont toutes bosseuses. Si on ne bosse pas à ce niveau, ça se voit tout de suite et on ne peut pas prétendre à  des résultats de haut niveau. Le biathlon ne laisse pas de place au hasard et à la chance.

 

 

Vois-tu une future championne dans le groupe ?
J’aimerais te dire oui. Nous avons une belle équipe, avec un fort potentiel. Tout est possible mais en face, il y a du niveau. Et la saison est longue.

 

Comment apprendre à abaisser son rythme cardiaque pour être dans les meilleurs dispositions au tir ?
L’objectif n’est pas d’abaisser son rythme cardiaque au tir mais d’apprendre à tirer avec un rythme cardiaque élevé. Bien sûr, les athlètes veillent à calmer le jeu en arrivant sur le pas de tir pour ne pas être trop haut cardiaquement mais le cœur tape quand même … C’est donc là encore l’expérience qui te permet de faire des bons tirs avec un rythme cardiaque élevé.

 

Peut-on déstabiliser l’adversaire sur le pas de tir en faisant des bruits, des petits gestes … ?
Oui, on peut mais ça doit rester fairplay. Et puis tenter de déstabiliser l’adversaire avant d’avoir tiré, c’est risqué car si tu rates ton tir, tu vas te faire chambrer… La saison de compétitions est fait d’une succession de courses, le milieu du biathlon est un petit monde et si tu adoptes ce genre d’attitude, tu peux vite être catalogué … Il faut rester humble.

 

Le biathlète entretien-t-il sa carabine seul ou comme pour les skis, y a-t-il un responsable technique dédié à cette tâche ?

Franck Badiou est le responsable armurerie et les biathlètes ont le soutien du staff pour l’entretien du matériel de tir.
=>  Lire l’interview de Franck Badiou sur ce lien : http://www.altitude-biathlon.com/interview-franck-badiou-entraineur-de-tir-biathlon/


Les meilleurs biathlètes ont un équipementier pour les skis. Est-ce la même chose pour le tir?
Non. Chaque athlète achète sa carabine. La principale marque est ANSHUTZ. Il y a une marque russe, IZHMASH*, mais il y en a peu sur le circuit …

 

jumelle de tir de biathlon pour nos weekends d'initiation de biathlon comme les champions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les filles ont-elles fait des progrès notables en tir pour cette saison qui arrive ?
J’ai besoin de quelques courses pour évaluer les effets du travail …

 

Pourquoi du 22 long rifle ?
C’est un petit calibre, précis. C’est sans doute pour ces raisons …

 


Ton rôle d’entraineur en tir nécessite-t-il aussi de veiller à prévenir les accidents, à faire de la prévention auprès des athlètes ?
On a souvent tendance à oublier que nous avons une arme dans le dos (3,5kg minimum). Je fais souvent des rappels, je préconise aussi un cadenas sur les chargeurs … 

 


Les biathlètes sont ils des fondeurs à l’origine, passés au tir, ou des tireurs passés au ski ?
Pour tous, ce sont d’abord des fondeurs. Mais l’idée que les mauvais fondeurs passent au biathlon n’est pas vraie. Aujourd’hui, on peut choisir dès les petites catégories sa discipline. Et vu le niveau, les biathlètes restent de très bons fondeurs. C’est d’ailleurs très exigeant car il faut être fort en ski, ET en tir. Un bon biathlète doit être complet.

 

Interview réalisée grâce aux questions des supporters de biathlon, issues des réseaux sociaux. Propos recueillis par Guillaume TROLONG-BAILLY

*Carabine Biathlon 7-4 – IZHMASH – Calibre 22LR-répétition tir rapide-Culasse linéaire. Conçue par le département militaire de BAÏKAL (RUSSE)

 

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