Interview biathlon Anaïs Bescond

Après son 11ème titre de Championne de France sur la poursuite à Arçon, Anaïs Bescond nous fait de nouveau* le plaisir de répondre à quelques questions, vos questions à vous les supporters du biathlon français. Petit come back sur sa préparation estivale été, mais aussi ses objectifs de la saison et son avenir en équipe de France…

Le championnat de France du week-end dernier à Arçon s’est bien passé avec une 2ème place sur le sprint et un nouveau titre sur la poursuite, peut-on dire que les voyants sont au vert à un mois du début de saison de  compétitions ?
Oui pour le moment ça se présente bien, ça valide un peu la préparation estivale et ça rassure dans le même temps …ça met en confiance on va dire…

Comment s’est passé ta préparation durant l’été ?
La préparation a repris fin mai. J’ai pris plus de repos que les autres années parce que j’en avais besoin après cette saison assez éprouvante (rire). J’ai retrouvé l’équipe de France début juin. Ensuite je suis partie au Canada à Canmore, m’entraîner seule avec l’équipe canadienne pendant un mois. C’était une belle aventure, ça m’a bien plus ! Ce sont de supers entraînements là-bas. Après je suis rentrée pour aller directement en Norvège faire des compétitions qui ne se sont pas passées comme je l’aurais voulu…mais bon d’un autre côté avec le décalage horaire et la fatigue du voyage, on va dire que j’avais des circonstances atténuantes. La préparation a suivi son cours en août et septembre pour nous amener tranquillement à aujourd’hui. Rien de révolutionnaire à l’entraînement cette année, hormis le changement d’entraîneurs sur les deux équipes hommes et femmes. On a eu un staff renouvelé complètement et ça se passe bien.

Septembre 2018, lors d’un entraînement à Canmore, Photo ©www.anaisbescond.com

Des choses ont changées à l’entraînement en lien avec tes nouveaux coach ? Les bases des années précédentes ont-elles été conservées ?
On est resté sur des bases classiques parce que de toute façon, à 31 ans, je n’aurais pas forcément voulu apporter beaucoup de modifications. On a juste fait quelques changements en terme de musculation et forcément la programmation n’est pas exactement la même… ce qui change c’est le discours, une nouvelle approche.

Sur quels axes de travail as-tu accentué ton effort ?
Comme à mon habitude c’est au niveau du tir que je peux aller gratter le plus de secondes ! L’année dernière j’ai manqué un peu de réussite sur certaines courses qui font qu’une place dans un Top 6 se change en top 15 … J’ai essayé de mettre un peu l’accent sur le tir avec notre nouvel entraîneur, sans toutefois délaisser la préparation physique, parce finalement on n’a pas le choix, il faut avoir la caisse (rire) !

Le tir justement, sur quoi as-tu évolué ? Plutôt le couché ou le debout ?
Rapidité et précision, ce sont les deux choses primordiales sur lequel le travail a été principalement effectué. Pour l’instant c’est plutôt le debout et du coup je suis un peu en délicatesse sur le tir couché. Au final sur le dernier week-end d’Arçon,  le travail accumulé ces derniers à payé sur les tirs couchés, donc ça va je n’ai pas de bête noir :-).

On sait que tu as une réelle amitié pour Marie Dorin-Habert, son départ de l’équipe a-t-elle altérée ta motivation à continuer sans elle ?
La motivation elle est intacte !! Elle est même plutôt reboostée des suites de mes bons résultats de l’hiver dernier. C’est carrément motivant de performer au plus haut niveau et d’atteindre ses rêves, après voilà j’ai retrouvé de nouveaux objectifs en biathlon. C’est sur que le départ de Marie ça change beaucoup de choses pour moi car ça faisait plus de 15 ans qu’on évoluait ensemble, qu’on partageait nos joies et nos peines… C’est une amie en plus d’avoir été une collègue d’entraînement, forcément ça change la donne.

Anaïs en plein effort lors de la poursuite à Antholz-Anterselva en Janvier 2018 Photo  ©Sébastien Soldadié

7ème mondial la saison dernière, quel est l’objectif cette année ?
Ça va être dur de grimper des échelons au niveau mondial. Forcément, ça passera par des podiums en coupe du monde. Je vise clairement le top 3 au classement général !

Quelles sont pour toi les concurrentes les plus sérieuses ?
C’est toujours les mêmes grands noms qui circulent. Je pense à Kaisa Makarainnen, Laura Dahlmeier, Kuzmina … même si je ne sais pas trop quel programme cette dernière va suivre cet hiver. Elle a parlé de continuer mais d’être présente simplement sur les relais donc je sais pas trop si elle sera une concurrente sérieuse pour le classement général. Après il y a du beau monde, les filles qui vont vite on les connaît. Dorothéa Wierer n’a pas forcément fait un hiver aussi performant que les années précédentes mais elle est quand même une rivale potentielle. En gros les filles du Top 10 de l’année dernière seront présentes cette année. Justine Braisaz a aussi le potentiel pour aller jouer les victoires.

Sur quel format de course es-tu la plus à l’aise ?
Il semble que les poursuites me réussissent bien (rire). Mais encore une fois c’est comme pour le tir je n’ai aucune bête noire. Je n’ai aucune préférence non plus, ni gêne à faire l’une ou l’autre des épreuves en biathlon.

As-tu un site préféré, un endroit ou il faudra compter sur toi ?
J’ai toujours eu une affection particulière pour Antholz mais cette année j’ai le plaisir de retourner au canada et aux États Unis. Je ne connais pas les États Unis mais le site de biathlon à Canmore me plaît beaucoup et puis vu que je m’y suis entraîné cet été je compte bien mettre en pratique mes entraînements effectué sur place.

Les résultats de cette saison détermineront-ils la suite de ta carrière ?
Alors je ne me suis pas fixé de limites, ni d’objectifs réels même si beaucoup de monde me demande « est ce que l’on te verra dans 4 ans ? ». Non, 4 ans c’est long, donc je ne peux pas m’engager aujourd’hui mais par contre il est certain qu’il y aura trois paramètres qui me permettront de faire un bilan au printemps. En premier la motivation et l’envie, ensuite le physique, il faudra voir si mon corps encaisse toujours les charges d’entraînement pour retourner au boulot tous les jours et puis pour finir les résultats forcément. On verra tout ça en avril si je continue ou pas…Mais dans ma tête, je suis encore bien partis pour 2 saisons.

Souvenir de Canmore(Canada) été 2018, Photo ©www.anaisbescond.com

 Après les entraînements, la saison de coupes du monde, trouve-on du temps pour autre chose, d’autres loisirs, assouvir ses passions ?
C’est vrai que c’est difficile. Le biathlon est extrêmement contraignant. C’est 100% du quotidien, voir du bi-quotidien pour les entraînements. Ça demande beaucoup de sacrifice et d’abnégation. J’aime bien passer le temps qu’il me reste avec ma famille et mes amis, J’aménage mon temps pour eux. C’est toujours un peu difficile car il n’y a pas que l’entraînement, il y a aussi la récupération qui fait partie intégrante du sport de haut niveau. Sans repos le corps ne suit pas et la tête non plus.
Il faut faire attention à se ménager dans tous les sens du terme. C’est difficile d’avoir une autre passion à coté car le biathlon est chronophage !

Un dernier mot pour tes fans ?
Je suis heureuse aujourd’hui de ce que je fais et plus ça va et plus je prends du plaisir à faire des courses, j’espère que ça va durer. Avec des événements comme le week-end des derniers Championnat de France de biathlon d’été à Arçon, ou il y a eu un engouement et des encouragements énormes, je prends énormément de plaisir. Ça me fait du bien de le partager avec les fans alors continuez à nous soutenir, c’est super !

Un grand merci à Anaïs pour sa gentillesse et sa disponibilité.

Questions issues des supporters de biathlon membres de divers réseaux sociaux. Propos recueillis par téléphone par Stéphane Bataille administrateur de la page Facebook Quentin Fillon Maillet Fan-Club

>>*Lire aussi l’interview d’Anaïs Bescond Octobre 2017

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